Le Qi gong en Chine aujourd’hui (et hier...)

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Le Qi gong en Chine aujourd’hui (et hier...)

Le Qi gong en Chine aujourd’hui (et hier...)

Le qi gong (气功) est une gymnastique traditionnelle chinoise et une science de la respiration.

Qi signifie « énergie vitale » et gong signifie « travail ». Le terme signifie littéralement « travail de l’énergie vitale » ou « travail sur l’énergie vitale ». Le tuina ( les massages chinois), le fengshui ( la géobiologie chinoise), l’acupuncture, la calligraphie ou encore la musique est considérée comme des qi gong.

De nos jours, par convention, on attribue l’appellation « qi gong » aux différentes méthodes de gymnastiques psychocorporelles utilisées dans le cadre de la médecine chinoise dans le but de renforcer le corps, de se prémunir contre les maladies, d’entretenir et de prolonger la vie.

On le pratique en associant mouvements lents, exercices respiratoires et concentration.

Il existe plusieurs types de qi gong qui peuvent être classés en deux catégories principales : le dong gong (动功, le mouvement) et le jing gong (静功, l’immobilité). Le dong gong est basé sur les mouvements du corps, qui sont associés avec la conscience et la respiration. Le jing gong est basé sur l’autocontrôle de la conscience et la respiration et se pratique en restant immobile.

Un peu d’histoire

En fait, qi gong est un terme récent, apparu dans les années 60-70 qui désigne les anciennes pratiques corporelles et spirituelles chinoises. Il est difficile d’établir l’historique du qi gong du fait que son existence remonte aussi loin que les vestiges de l’humanité et aussi parce que les techniques du qi gong ont toujours été transmises secrètement. Les premiers documents prouvant la pratique du qi gong ou de “gymnastiques corporelles” datent de l’antiquité. Les premiers essais sur l’art de nourrir la vie ou la préservation de la santé ont été rédigés par des lettrés de l’école taoïste sous la dynastie des Han (206 av J.-C. – 220 ap. J.-C.). Avec l’introduction et le développement du bouddhisme en Chine (entre le Vème et le Xème siècle), les pratiques corporelles s’étendent dans les monastères. Les moines pratiquaient des exercices constitués d’étirements de muscles et de tendons pour éliminer la fatigue et pour garder une bonne condition physique après les prières et le travail. Plus tard, les concepts taoïstes du corps et sa vision du monde ont largement influencé les pratiques corporelles chinoises. En effet, l’introduction des techniques respiratoires et les exercices taoïstes - qui permettaient la libre cirulation du souffle, des fluides et du sang dans les vaisseaux – a permis l’essor de la théorie des souffles.

Le terme qi gong apparaît pour la première fois à cette époque pour désigner les “procédés du souffle”.

La création du qi gong moderne s’est fait avec l’arrivée au pouvoir du parti communiste. Par manque de moyen et pour utiliser le potentiel humain existant, le gouvernement décide d'utiliser les savoirs ancestraux dans le cadre de la médecine tout en essayant de la moderniser et de la rénover.

Le terme « qi gong » fut officiellement adopté en 1949 pour désigner une « méthode thérapeutique » (en 1947, un jeune cadre du parti, Liu Guizhen, a guéri d’un ulcère grâce à la pratique du qi gong transmis par son oncle). Le qi gong prend un nouvel élan à la fin des années 70 et se popularise avec une principale innovation qui consiste à pratiquer le qi gong dans les lieux publics (pars et jardins), permettant une diffusion de masse, constituant l’origine de la grande vague du qi gong des années 80.

A cette période, plusieurs grandes lignées apparaissent. Ce souffle de liberté et de défoulement collectif va générer des abus (transmission de pouvoirs surnaturels, transes, délires...). Début des années 90, l’état essaie de contrôler cette « vague » de qi gong en publiant la liste des lignées autorisées à l’enseignement mais la critique reste forte envers cette pratique.

Il lui est notamment reproché le culte de la personnalité, le retour des superstitions féodales, les abus thérapeutiques, escroqueries, pseudo-maîtres.

En 1996, le gouvernement chinois publie un « Avis sur le renforcement de l’administration du qi gong dans la société ». Il précise que le qi gong fait partie du patrimoine culturel chinois. Ce document invite les services concernés à vérifier les qualifications des enseignants de qi gong. Dès lors, la pratique se régularise et entre sous la législation chinoise.

Aujourd'hui, l'état chinois a essayé d'écarter tous les pseudos qi gong des années 80 et les groupes sectaires. On distingue deux pôles de qi gong, le qi gong thérapeutique enseigné et pratiqué dans les lieux de soins (cliniques et hôpitaux, sanatorium) et le qi gong hygiéniste de bien-être enseigné dans les parcs ou dans les centres sportifs. En 2001, le Bureau National des sports chinois crée le Centre de l’administration du qi gong qui valorise les techniques ancestrales et généralise quatre exercices :

-wu qin xi (五禽戏, jeux des cinq animaux),

-yi jin jing (易筋经, exercice des muscles et tendons),

-liu zi jue (六字诀, six sons thérapeutiques) et

-ba duan jin (八段锦, huit pièces de brocart).

Dernièrement, un « grand maître » du qi gong, Wang Lin, a fait beaucoup parler de lui dans les médias chinois. Connu pour sa fréquentation avec de nombreuses personnalités du monde politique, commercial (Jack Ma, président du groupe Alibaba) et culturel (Jackie Chan, Zhao Wei, Li Bingbing...), il se considère comme un « grand maître du qi gong et prétend pratiquer le ge kong qu wu (隔空取物, une sorte de télékinésie). Mais pour la police chinoise, c’est un escroc qui profite de la fortune des riches en leur vendant des illusions. Exilé à Hong Kong, il a réussi à susciter l’intérêt et la compassion des médias occidentaux notamment suite aux multiples accusations du gouvernement chinois. Pour l’heure, les affaires qui le concernent n’ont toujours pas obtenu de verdict final, ce qui confère une aura mystérieuse sur ses activités. Alors, vrai qi gong ou pseudo-maître?

Source : chine-info.com et oushinet.com

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