Le Nei jing tu.

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Le Nei jing tu.

Le Nei jing tu.

Nei en chinois signifie : Intérieur, dedans

Jing signifie la chaîne d’un tissu, le fil de chaine qui entrecroisé avec le fil de trame forme un tissu. Mais il peut aussi avoir le sens d’écritures classiques, de canon religieux.

Tu, c’est un plan, une carte, un dessin.

Nei jing tu, pourrait donc être traduit par: la carte de notre « texture » intérieure.

Il s’agit d’une des plus célèbres images du neidan (l’alchimie interne), dont la principale version a été trouvée sur une stèle datée de 1886 qui se trouve sur un mur d’un des bâtiments du temple taoïste des nuages blancs à Beijing.

Bien que son origine ne puisse être datée avec précision, cette représentation du travail interne a probablement environ mille ans.

Les trois parties principales du diagramme doivent être lues de bas en haut et représente le corps humain vu de profil.

Elles représentent essentiellement les trois champs de cinabre (les 3 dantian) dont la notion est primordiale dans le neidan.

Il s’agit d’une représention des différentes transformations énergétiques qui surviennent lors des pratiques d’alchimie interne.

La partie droite représente la colonne vertébrale et le crâne.

Les différentes scènes illustrent les transformations alchimiques qui se produisent à chaque niveau correspondant aux trois dantian.

Les textes qui accompagnent le nei jing tu repertorient les organes du corps, citent 2 poèmes attribués à Lü Dongbin, un des 8 immortels dans la tradition taoïste, ainsi que des citations du Huangting jing.

Dans la partie inférieure, un garçon et une fille (le Yang et le Yin) travaillent sur un manège placé au weilü, au bas de la colonne vertébrale. En inversant le jing ou l'Essence, représenté par le cours d'eau le long de la colonne vertébrale, ils évitent qu'elle s'écoule vers le bas et qu'elle soit perdue. L'eau se transforme ainsi en un feu ardent, qui réchauffe le champ de cinabre inférieur placé à côté des quatre symboles du Yin-Yang qui représentent les quatre agents extérieurs (bois, feu, métal, eau), avec le cinquième (la terre) au centre. Sur la gauche du champ du cinabre se tient un buffle qui laboure la terre et plante la pièce d'or, une image de la première graine de l'élixir doré.

Au centre se trouve le champ de cinabre médian, en forme de spirale et situé dans la région du cœur. Juste au-dessus, un jeune garçon, qui tient la constellation de la grande ourse, un symbole du centre du cosmos. Selon une célèbre histoire d’amour chinoise, le jeune garçon, un vacher, (correspondant à l’étoile Altair) ne peut retrouver qu’une fois par an la fille qu’il aime (correspondant l’étoile Vega), qui est juste au-dessous de lui, devant un metier à tisser (c'est la légende célèbre en chine du bouvier et de la tisserande...). Plus haut, au-dessus et derrière le pavillon de douze étages (la trachée), on trouve l'oreiller de Jade, situé à l’arrière du crâne..

La partie supérieure de l'image représente le champ de cinabre supérieur. Derrière les montagnes, sur la gauche, émerge le méridien gouverneur dumai; le vieil homme assis à côté de lui est Laozi. En dessous commence le méridien concepteur renmai, qui se déroule sur le devant du corps ; le moine debout avec les bras levés à côté de lui est Bodhidharma (qui, selon la tradition, introduit le bouddhisme Chan en Chine). Les deux points à l'emplacement des yeux représentent le soleil et la lune.

Au-delà d’être un outil pour le travail d’alchimie interne, que nous raconte cette représentation qu’est le nei jing tu ?

Que l’intérieur de notre corps peut être considéré comme un paysage, avec ses cours d’eaux, ses montagnes, ses terres labourées et des jeunes gens qui s’aiment. Cà vaut peut être le coup d’aller y faire un tour de temps en temps, vous ne croyez pas ? On a un bon outil pour çà: L'imagination, le pouvoir créateur de l'esprit...

Un lien pour voir une représentation a haute résolution du nei jing tu : http://2.bp.blogspot.com/-wu0rykjJAqI/Td1Ggt197sI/AAAAAAAAAEw/1-cDKM7aDFk/s1600/P1000994.JPG

Yves Lorand

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