Rentrer chez soi.

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Rentrer chez soi.

Rentrer chez soi.

La conscience, cette faculté qu’à chacun d’entre nous de se percevoir comme un être humain est une chose merveilleuse. Je suis conscient que j’existe ! Du moins lorsque je suis éveillé… Lorsque je dors, cette conscience disparait, pour réapparaitre à mon réveil. Je redeviens alors conscient. Je porte à nouveau un regard sur moi. Et je sais avec certitude que c’était moi hier, que c’est moi aujourd’hui et que ce sera encore moi demain, et ce tant que je vivrais. Autrement dit : « Je suis moi ! »

Sauf accident de parcours, bien sur…

Et puis il y a ce que l’on appelle pudiquement : « les aléas de la vie… ».

Ces aléas de la vie qui ont fait la fortune des assureurs. Assurance vol, assurance accident, assurance dégâts des eaux, assurance incendie, assurance « responsabilité civile.. ! ».

Bref, vous m’avez compris, on a peur de tout ! De là a penser qu’on à peur de nous même ?

Au point que tout nous pousse à l’extérieur de nous… Tellement plus facile d’accuser l’autre de ce qui nous fait défaut !

J’ai mal au ventre, c’est à cause des salmonelles, j’ai mal au cœur, c’est à cause des virages, j’ai mal au genou, c’est à cause du ski, j’ai mal à mon épaule, c’est à cause du jardinage.

J’ai mal à moi, c’est à cause de qui ?

A trop vouloir nous protéger, et tout nous pousse à le faire, nous sommes dans la situation de ces gens, qui ayant oublié leur code d’accès, ne peuvent plus rentrer chez eux. Je sais pas vous, mais moi, à chaque fois que je compose le code confidentiel de ma carte bancaire, j’ai un double sentiment : un, la satisfaction de m’en souvenir, deux, la peur du moment où je ne m’en souviendrais plus. Bref, c’est pas cool !

Mais… Mais, de temps en temps, il m’arrive de me poser, de respirer, de porter mon attention sur ce qui se passe à l’intérieur de moi. Et ce faisant, il m’arrive d’agir et d’intervenir sur ce que je perçois dedans. Je le fais selon des préceptes et des traditions anciennes mais toujours actuelles, car touchant au vivant. Bref, je fais du qigong

Et comme cela me fait du bien, j’ai envie de le partager…

Le pied droit de Titus

Titus, c’est le nom du crapaud.

Dans le jardin, certains animaux sont nommés, donc reconnus.

Il y a Titus le crapaud, Kiki le hérisson et Maya la grande couleuvre noire.

Nommés et reconnus ne veut cependant pas dire qu’ils sont uniques.

En fait TOUS les crapauds s’appellent Titus, TOUS les hérissons s’appellent….etc.

Titus a les yeux rouges-orangés avec une fente verticale noire. Avec son corps flasque et ridé, difficile de lui donner un âge, c’est pourquoi l’on pense qu’il est très vieux. Ce n’est peut être pas le cas, mais en tout cas, en ce printemps renaissant, Titus a perdu son pied droit.

Bon. D’accord ! Titus est un animal ! Donc il a des pattes ! Il serait donc plus judicieux de dire que Titus a perdu sa patte arrière droite… Mais bon, c’est aussi ce qu’on appelle de l’anthropomorphisme… (ndlr : la droite est le coté féminin, le pied, ce sont les racines, de là à penser que…)

Donc, Titus, qui a perdu son pied droit, a été découvert sous un tas de branchages que nous nettoyons derrière ce qui sera bientôt le poulailler. Un Titus estropié, un peu hébété aussi, en cette sortie d’hiver, ce qui nous a permit de l’observer à loisir, dans le creux de la main.

La maison de Titus.

Il se trouve qu’une maison avait été construite pour Titus. Il y a déjà quelque temps. Un tas de grosses pierres sous lequel il se sentirait bien, en sécurité. Au pied duquel un bassin, promesse de promenades aquatiques, et qui sait, d’une future progéniture. Et juste derrière, le tas de compost, garant d’une nourriture abondante avec encore, un peu plus loin, la forêt pour les escapades nocturnes…Cette maison était prête depuis longtemps. Et Titus, déposé sur le seuil, n’a pas demandé son reste. Estropié, hébété, fatigué, il est rentré chez lui.

Combien d’épreuves, combien de blessures, combien de deuils nous faut-il endurer pour qu’enfin, nous acceptions de rentrer chez nous, dans la maison qui nous attends depuis si longtemps,

Rentrer chez soi, sans demander son reste !

A l’intérieur, un cœur qui bat, un souffle comme les vagues de l’océan qui vont et viennent, un foyer qui chauffe et qui réchauffe. De la lumière. Et de l’amour… Rentrer chez soi !

Yves Lorand

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