GUOLIN QIGONG 7

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Exercice de la marche lente avec la méthode de respiration naturelle     自然呼吸法慢步行功

L’exercice de la marche lente avec la méthode de respiration naturelle (en abrégé « exercice de la marche lente » par la suite) est un exercice fondamental du Guolin Qigong pour le traitement des maladies chroniques. C’est un exercice de marche où il y a  mouvement et immobilité en même temps, où la pensée guide l’énergie à travers le corps. Il a l’universalité des exercices de marche, mais aussi ses propres particularités. Voyons maintenant les points de cet exercice qui diffèrent avec les autres exercices de la marche du Guolin Qigong :

Partie 1 : Les maladies guérissables par l’exercice de la marche lente :

Cet exercice a des résultats plus que bons dans le traitement de toutes sortes de maladies chroniques, en particulier pour toutes sortes de maladies cardiaques, hypertension, et maladies héréditaires issues d’accidents vasculaires, les désordres de l’estomac et de l’intestin,le diabète, les glaucomes, inflammations du foie etc dans lesquelles les résultats sont encore plus flagrants.

Partie 2 : Méthode pratique de l’exercice :

1. Phase préparatoire

La méthode de la pensée guidant l’énergie induit obligatoirement de bien se détendre et s’apaiser. Pour cela, faire les 4 (ou 8) directions avec l’exercice de relaxation montée-descente ouverture-fermeture comme phase préparatoire de cet exercice.

2. Exercice principal

1. Guide des gestes : En plus des exigences basiques de l’exercice de la marche naturelle, l’accent est mis sur : la lenteur, la décontraction, le calme et la stabilité.  Etre lent sans s’arrêter, décontracté sans être mou, apaisé mais non assoupi, stable mais pas tendu. De plus, quand on pratique cet exercice il faut absolument que les deux yeux soient légèrement fermés, respirer naturellement et que les mouvements de rotation de la taille soient amples. En clair, il faut à tout prix avoir le corps souple et le Qi en harmonie, tout le corps suit le mouvement.

2. La pensée guide : qu’une seule pensée en remplace  dix mille, débarrassez-vous de l’interférence des pensées parasites pour aider à être calme et détendu. Concrètement, avant la pratique il faut fixer un thème (objet de concentration) ou en choisir un, pendant la pratique il faut garder le thème et lorsque la pratique se termine et qu’on clôture il faut lâcher le thème.

  • Fixer un thème : Penser à l’avance à des expressions ou des mots simples qui ont un effet apaisant sur vous  par exemple : «  en pratiquant bien, mon état s’améliorera. »,  « en bonne santé », «bonheur »,  « joyeux » etc.
  • Choisir un thème : Choisir à l’avance un paysage plutôt pur, qui n’attise ni l’enthousiasme  ni la tristesse, par exemple un paysage que vous appréciez, les principes étant de :
  1. Choisir le calme et non l’activité : l’objectif est, en passant par l’objet de la pensée, à ce que la pensée tende vers un état stable. Si vous choisissez un paysage actif tel que des poissons nageant dans l’eau, le souffle du vent dans les peupliers et saules, la pensée bougera de même que ces choses, sans pouvoir se calmer.
  2. Choisir le proche au lointain : il convient de choisir un paysage dont la distance avec soi-même est relativement courte, le cas échéant il est difficile de le conserver et de le relâcher, ou il sera facile lors de la pratique de créer des illusions. Cela non seulement à une incidence sur l’état d’apaisement mais aussi favorise le « chupian ».
  3. Choisir l’extérieur du corps, non l’intérieur du corps : Afin de ne pas faire d’erreurs dans la pratique, les néophytes devront choisir un paysage à l’exterieur du corps comme thème, ceci est une particularité de la pensée guide du Guolin Qigong. Il n’y a que lorsque la condition s’améliorera, que vous aurez approfondi les bases, amélioré votre efficacité, et que vous pourrez être totalement et complètement apaisé et détendu, seulement à ce moment-là que vous pourrez prendre soin des points d’acupuncture du corps ainsi que du Dantian.
  4. Choisir le circulaire, non le pointu : Les objets pointus excitent facilement l’esprit,  ceux de forme circulaire au contraire aident les personnes à s’apaiser.

Les débutants, de par leurs compétences réduites, doivent absolument réfléchir à ces questions quand ils déterminent le contenu du sujet de leur choix : la méthode de choix du sujet doit être flexible et aussi relativement stable. Afin d’améliorer les résultats thérapeutiques dû à la pratique, le choix du sujet doit respecter les principes dialectiques suivants :

  1. Fixer la hauteur de la position du thème de concentration selon la hauteur des indices liés aux  examens et analyses chimiques. Pour l’hypertension, la tension dans les yeux  et autres indices hauts, la position du thème doit être plus basse que le Dantian moyen. Vous pouvez choisir un sol où poussent fleurs et plantes, des petits arbres, de la pelouse. Au contraire, en cas de hypotension, d’hémogramme bas et autres indices bas, la position du sujet doit être légèrement plus haute que le point Yintang. Pour les indices normaux, la position du thème doit être au niveau du Shanzhong (entre les deux mamelons).
  2. Déterminer la nature du thème en fonction des symptômes : En cas de bouche et langue sèches choisir des aliments frais et juteux comme par exemple du radis, des prunes etc.  En cas d’humeur agitée et de sentiment d’étouffement, choisir un temps sans nuage avec de l’air sec ou un lac calme.
  3. Déterminer la couleur du thème en fonction des organes malades : pour les maladies cardiaques (maladies de l’intestin grêle) choisir la couleur rose ou pourpre (éviter le rouge vif car très stimulant), par exemple choisir le lotus, la rose, une pomme  moitié verte moitié rouge. Pour les maladies du foie (maladies de la vésicule biliaire et des yeux) choisir la couleur verte telle que la pelouse. Pour les maladies de la rate (maladies de l’estomac) choisir le jaune tel que des chrysanthèmes jaunes, une pomme jaune et Pour les maladies des poumons (maladies du gros intestin, du nez et de la peau) choisir le blanc, par exemple des magnolias ou un paysage enneigé. Pour les maladies des reins (maladies de la vessie et des oreilles) choisir le gris foncé ou le violet foncé, tel qu’une prune, un vêtement gris foncé que vous aimez, des raisins violets etc.
  •  Garder le thème : Pour garder le sujet lié à la concentration il faut respecter le principe des « 3 obligations et des 3 interdictions » :

a. Les 3 obligations :

La première : «  rassembler et disperser ».  Il ne faut pas penser de façon résolue à l’objet de concentration qu’on garde et il ne faut pas non plus le laisser aller et le perdre. Il faut y penser un peu puis le libérer un peu (y penser correspond à « rassembler », et le lâcher correspond à « disperser »).

La deuxième : «  sembler garder sans garder ». Puisqu’ il faut « rassembler » sans  trop penser à son sujet et « disperser » sans laisser la pensée vide, on doit maintenir un état où l’on semble penser à son sujet et en même temps sembler ne pas y penser. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut se calmer et se détendre.

La troisième : « sembler exister sans être là ». Dans le processus de la pratique du Qigong, au niveau de la pensée on doit sembler avoir quelque chose et en même temps rien, ce n’est que comme ça qu’on peut se maintenir et être calme.

b. Les 3 interdictions : ne pas fixer du regard, ne pas poursuivre, ne pas saisir.

Ne pas regarder fixement : c’est « penser » au paysage de son sujet mais ne pas « regarder » la substance de celui-ci. Si le regard se pose sur l’image, alors les yeux regarderont fixement sans relâcher, de cette façon non seulement peu d’énergie interne est produite mais cela favorise le « chupian ». Ne pas fixer le « sujet » c’est ne pas fixer intensément avec ses yeux.

Ne pas poursuivre : Si le sujet vous échappe, laissez-le partir un peu. Dès que la pensée se relâche, le sujet reviendra naturellement. Ne pas le poursuivre consiste donc à ne pas courir après le sujet lorsqu’il vous échappe.

Ne pas saisir : Lorsque le sujet est dans vos pensées, il ne faut pas par peur de le perdre l’attraper et ne plus le lâcher, sinon vous aurez mal à la tête et la tête qui tourne.

Faire l’exercice pendant 30 à 45 minutes et clôturer, cependant les personnes qui pratique depuis longtemps pourront au gré de leurs capacités ralentir le rythme et augmenter le temps de pratique de l’exercice. De façon générale, la pratique ne doit pas dépasser une heure. Si au cours de l’exercice vous vous sentez soudainement mal à l’aise (fatigué, une partie du corps tendue ou comme « chiffonnée », respiration irrégulière…) vous pouvez ne pas ouvrir les yeux, vous détendre et vous arrêtez à l’endroit ou vous êtes, faire 3 ouverture-fermetures sans changer de direction, ne pas faire les montée-descente ouverture-fermeture avec des accroupissements, et ensuite reprendre l’exercice.

 

Source: Guolin xin qigong; 1999; Ed: Renmin tiyu chubanshe. Beijing

Yves Lorand

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