Le Classique de la clarté et de la quiétude

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« Le Classique de la clarté et de la quiétude »
Ce texte majeur de la liturgie Taoïste est récité en début de pratique chaque matin dans tous les temples taoïstes de Chine et d’ailleurs depuis plus de mille ans.
Il a été présenté le 18 Juillet 2018 par Karine Martin lors d’un séminaire de Neidan organisé par l’IEQG au domaine de Fondjouan (41230).
Qu’elle en soit ici grandement remerciée.
 
« Laozi dit :

Le grand Dao n’a pas de forme, il engendre et nourrit le Ciel et la Terre. 

Le grand Dao n’a pas d’émotion, il met en mouvement le Soleil et la Lune.  

Le grand Dao n’a pas de nom, il fait grandir les dix mille êtres.   

Je ne connais pas son nom. S’il me faut le nommer, je l’appelle le Dao.   

Ainsi du Dao.    

Il y a la pureté, il y a le trouble. Il y a le mouvement, il y a le calme.     

Ciel, pureté ; Terre, trouble. Ciel, mouvement ; Terre, calme.    

Masculin, pureté-yang ; féminin, trouble-yin. Masculin, mouvement ; féminin, calme.    

Le Dao descend au principe, s’écoule aux confins, engendre les dix mille êtres.    

Pureté, source de trouble ; mouvement, fondation du calme.     

Quand l’Homme trouve durablement la pureté et le calme, alors Ciel et Terre rejoignent en lui leur juste place.   

Ainsi, l’esprit de l’homme aspire à la pureté, mais les émotions viennent le troubler.    

Le cœur de l’homme aspire au calme, mais les désirs l’en éloignent.    

Qu’il puisse éliminer durablement tout désir, et son cœur trouve le calme, de lui-même.   

Qu’il nettoie son cœur, et l’esprit trouve le chemin de la pureté, de lui-même.     

Alors, naturellement, les six désirs ne germent pas ; les trois poisons se dissolvent.     

Celui qui n’y parvient pas, c’est qu’il n’a pas encore pu ni purifier son cœur, ni abandonner ses désirs.      

Celui qui peut se détacher de ses désirs, il contemple à l’intérieur de son cœur, et son cœur n’est plus le cœur.      

Il contemple à l’extérieur sa forme, et sa forme n’est plus la forme.

Il contemple au loin les choses, et les choses ne sont plus les mêmes choses.

L’esprit éveillé par ces trois contemplations, il voit le Vide.

Il contemple le Vide, à partir du vide, il n’y a rien à considérer comme vide.

Tout vide est une non-existence ; la non existence n’existant pas, c’est aussi une non-existence.

De non existence en non existence, dans la pure transparence survient l’état de calme suprême originel.

Lorsque le calme suprême originel n’est plus le calme suprême originel, comment les désirs peuvent-ils naître ?

Et lorsque les désirs ne peuvent germer, c’est cela le calme véritable.

En demeurant dans le calme véritable, s’adapter au monde extérieur.

En demeurant dans ce calme véritable, trouver sa vraie nature.

S’ajuster constamment, trouver le calme constamment, ainsi demeuré dans la pureté et le calme constamment.

Et de cette manière, entrer progressivement dans le dao véritable.

Une fois entré dans le dao véritable, cela s’appelle « obtenir le dao ».

Mais bien que l’on parle d’ "obtenir le dao ", en réalité, on n’obtient rien.

C’est pour transformer les êtres, que l’on parle d'"obtenir le dao ".

Celui qui est éveillé à cette conscience, celui-là seul peut transmettre le dao sacré.


Laozi dit :

L’homme supérieur est au-dessus des conflits. L’homme inférieur les recherche.

L’homme de grande vertu ne s’en réclame pas, l’homme de basse vertu s’y attache.

Dès lors qu’on s’en réclame et qu’on s’y attache, on ne peut comprendre ni le dao ni la vertu.

Ainsi le plus grand nombre ne peut obtenir le dao véritable.

Car leur cœur se perd dans l’illusion.

Dès le cœur perdu dans l’illusion, l’esprit est comme sidéré par les peurs.

Dès l’esprit sidéré par les peurs, on cherche à s’attacher à dix mille choses.

Dès que l’on s’attache, apparaissent l’avidité et le désir de possession.

Dès qu’avidité et désir de possession se font jour, ce ne sont que soucis et pensées fausses.

Soucis et pensées fausses font souffrir le corps et le cœur.

Ainsi on s’attire les humiliations et la honte, on erre entre la vie et la mort.

Et s’enfonce dans cette mer de souffrance, en perdant pour toujours le dao véritable.

Ce dao véritable et éternel, l’être éveillé l’obtient par lui-même.

L’être éveillé qui a obtenu le dao, celui là demeure dans la pureté et le calme. »

 

 

 

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