LA QI

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LA QI FA

拉气法

INTRODUCTION

La méthode « attirer le qi » la qi fa est la quatrième méthode des lian qi ba fa. Elle fait suite à chen qi fa, « la méthode pour étirer le qi ». Lorsque chen qi fa est pratiquée indépendamment des autres méthodes, elle devrait néanmoins être systématiquement suivie de  la qi fa. Cette manière de pratiquer la qi est spécifique aux lian qi ba fa.

L’on pourra se référer à :http://qigonghautescevennes.com/2019/02/la-qi-fa.html pour plus d’informations sur la manière de pratiquer la qi dans un cadre plus général.

 

 

LA  PRATIQUE

 

Après avoir effectué chen qi fa, les coudes et les poignets se détendent, et l’on amène, en pliant les bras, les deux mains devant soi, paumes face à face. Les doigts sont naturellement dépliés et détendus. Les pouces ne sont pas dirigés vers le haut, mais sont plutôt à plat, à l’horizontal par rapport aux index. Les avant-bras sont parallèles et à 90° par rapport aux bras. Les coudes viennent se positionner au dessus et à proximité des points Qimen et Riyue. Pour bien faire il faudrait donc qu’ils soient à proximité des mamelons, un peu en dessous et sur le coté. Ce point était autrefois connu sous le nom de Tiangong Que天公阙 , la tour de guet du palais céleste.

La position du haut des coudes ne doit pas être considérée  de manière stricte  cependant, et on doit veiller à maintenir une position naturelle et détendue.

 

 

   Les points Qimen   期们  et Riyue 日月 (porte des cycles/périodes et le point « soleil-lune »)

 

 

 

 

 

En guise de préparation à l’exercice proprement dit, et afin d’ajuster la posture, on utilise la méthode de concentration suivante :

Tout d’abord, fermez doucement les yeux, détendez le corps tout en le maintenant droit et centré ; puis rapprochez les deux mains de manière à ce que les bouts des majeurs soient en contact, à l’horizontale, sans exercer de pression excessive.

En plaçant son esprit au dessus de la tête, du point Baihui, regardez vers le bas, à travers l’œil gauche, le mamelon gauche, les points Qimen et Riyue à gauche et enfin le nombril. Puis, à nouveau du point Baihui, regardez l’œil droit, le mamelon droit, les points Qimen et Riyue à droite et le nombril.

De cette manière se forme  un champ d’énergie à l’intérieur du corps, l’énergie est maintenue dans le corps.

Ensuite, l’on sépare les deux majeurs et les mains reviennent se placer parallèles, le bout des doigts  vers l’avant, les pouces et les index à l’horizontale, la « gueule du tigre » ouverte. En même temps, l’on continue à regarder depuis le sommet de la tête, à travers les deux yeux, les deux mamelons, les deux points Qimen, les deux points Riyue et le nombril.

Après être resté un moment dans cet état d’esprit, l’on pourra peut être sentir qu’il y a une masse d’air (气团, qìtuán), comme une colonne d’air, qui monte dans le corps. Selon la tradition, le point Baihui, au sommet du crâne, est en relation avec les sept étoiles de la grande ourse (北斗七星, běidǒu qīxīng).  Baihui, les yeux, les mamelons, les points Qimen et Riyue ainsi que le nombril sont, toujours selon la tradition, en relation avec les six étoiles de la petite ourse (南斗六星, nándǒu liù xīng). Les anciens disaient que la grande ourse « protège des calamités », tandis que la petite ourse « prolonge la vie ». En laissant les coudes à proximité des points Qimen et Riyue tout en effectuant La Qi, votre esprit est en lien avec la petite ourse, et ainsi l’énergie à l’intérieur du corps s’en trouve améliorée.

 

                                             

                              

 

L’étoile polaire est la « septième étoile » de la petite ourse.

 

 

 

 

 

Puis vient la pratique proprement dite qui comporte deux mouvements : faire tourner la balle devant l’abdomen, et écarter sur les  cotés- ramener  devant soi.

Pour le premier mouvement, imaginez tenir un ballon d’air entre les mains, de la taille d’un ballon de basket, et « frottez » le doucement en le faisant tourner vers l’intérieur (vers le bas, vers l’avant, vers le haut, vers l’arrière, les deux mains décrivent un mouvement circulaire, comme un pédalier de bicyclette…). En effectuant ce mouvement de « pétrissage », les coudes restent au contact des côtes, sans pour cela rester complètement immobiles. Ils sont animés eux aussi d’un léger mouvement circulaire, ce qui a pour effet de masser en douceur la zone de contact avec les côtes. La durée de ce mouvement peut être allongée ou raccourcie à la demande, il n’y a pas de consigne particulière concernant le nombre de répétitions.

Après le « pétrissage », tirez doucement avec les deux mains vers les cotés. Pendant ce processus, portez votre attention sur le Qi à l’intérieur du corps ainsi qu’à l’extérieur du corps et faites également attention à la sensation de connexion entre les mains et les bras.

Lorsque l’on a fini d’ouvrir sur les cotés, les bras (les avant-bras) doivent être le plus à plat possible, les paumes dirigées vers l’avant et les coudes toujours au contact avec les côtes. Lorsque l’on ramène vers l’intérieur, gardez votre attention sur les mains et les côtes, tout en imaginant que le ballon rétrécit et pénètre dans le corps, jusqu’à ce que les deux bras soient revenus parallèles devant soi. A ce moment, le pouce et l’index sont à peu près parallèles, la gueule du tigre à plat est ouverte vers le haut et la sensation d’énergie entre les deux mains peut à ce moment s’en trouvée intense et évidente. Ainsi, en écartant et en ramenant les bras, le Qi dans le corps s’ouvrira et se fermera. Il convient de noter que lorsque les mains reviennent devant soi, elles se rétractent légèrement, l’abdomen rentre, le nombril vient en arrière à la rencontre de Mingmen et l’attention se porte à l’intérieur du Hunyuan Qiao. Lorsque les mains s’écartent, l’on peut penser comme des filaments entre les doigts qui s’étirent et s’allongent. Il faut penser qu’ils s’allongent selon des arcs de cercles, l’air au devant de soi étant perçu comme un ballon qui gonfle. En ramenant, l’air rentre aussi à l’intérieur du corps par les bras et les coudes.

Tout ce mouvement devrait être fait de la manière la plus détendue possible, les coudes restant fixes. Le Qi dans le corps, le Qi autour du corps et le Qi de l’extérieur doivent être connectés, de telle sorte que le volume brassé soit le plus grand possible.

 

COMPLEMENTS POUR LA PRATIQUE

 

L'on notera, pour la méthode de la "colonne d'énergie", qu'il faut toujours envisager les points tels que les yeux, mamelons et nombril comme situés à l'intérieur du corps, et non pas à la surface de la peau. Ceci étant tout particulièrement valable pour les mamelons... La position exacte des deux paires de points Qimen et Riyue est la suivante : au dessous du mamelon, à 4 Cun (environ 10 cm pour un adulte) de la ligne médiane de l’abdomen, respectivement dans le 6eme et 7eme espace inter costal. Cependant, ainsi que cela a déjà été dit, compte tenu des réalités morphologiques et du nécessaire relâchement du corps, il ne sera pas nécessaire de chercher à placer la région des coudes exactement sur ces points. Comme on dit : « c’est l’intention qui compte.. ! »

Lors du mouvement « écarter les mains », en séparant les mains sur les cotés, le corps s’ouvre aussi vers les cotés. Les paumes des mains sont tournées vers l’avant, la gueule du tigre s’ouvre, la poitrine s’ouvre tandis que les omoplates se rapprochent dans le dos. Lors du mouvement de fermeture, à l’inverse, les doigts seront un peu rétractés, la poitrine et l’abdomen légèrement rentrés.

Rappelons que la pratique de l’exercice La Qi nécessite la relaxation globale de tout le corps, et que l’esprit doit rester en permanence concentré sur les changements des  mouvements du Qi dans le corps et à l’extérieur du corps. Les deux méthodes Chen qi fa et La qi fa sont deux méthodes très agréables à pratiquer et l’on devrait se sentir à l’aise et confortable ; si ce n’était pas le cas, peut être faudrait-il veiller, avant toute chose, à ajuster et éventuellement corriger la posture.

Les effets spécifiques de La qi fa concernent essentiellement le renforcement du Qi interne et externe, en l’intégrant  en une seule structure susceptible de venir renforcer directement le Hunyaun Qiao.

 

POUR CONCLURE

La pratique de la « colonne d’énergie » (气团, qìtuán) fait partie intégrante de l’exercice. Elle prépare également aux quatre derniers exercices (后四法Hòu sì fǎ) formant la deuxième partie des lian qi ba fa. Cette première partie, (前四法Qián sì fǎ), qui peut être considérée comme une méthode à part entière (Chi ; Rou ; Chen et La qi fa) permet d’accumuler et de conserver le Qi dans tout le corps.

Ces quatre méthodes peuvent être réalisées assis, si l’envie ou la nécessité s’en font sentir, dès lors que le dos reste bien droit et aligné.

Voici les commentaires de M° Zhou Jing  Hong concernant la colonne d’énergie : "Vous êtes calmes. La colonne d’énergie monte par le point Baihui jusqu’à la Grande ourse. Du haut de la Grande ourse, regardez en bas, la colonne transparente descend vers les profondeurs de la terre…/… La colonne du méridien central se forme au milieu du corps. Cette colonne s’étire vers le haut et vers le bas. Elle est composée de trois parties : la colonne du ciel – la colonne de l’humain – la colonne de la terre. L’ensemble de cette colonne est surmontée de la grande ourse qui brille. Lorsqu’elles s’étirent vers le haut et vers le bas, l’énergie du Ciel et l’énergie de la terre se rejoignent dans notre corps."

 

D’après le Dr Pang Ming.

Yves Lorand

le texte de référence en chinois...

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