Question

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Une question nous a été posée, et elle mérite réponse.

La voici : (nous avons juste transformé le singulier en pluriel ; le « Tu » en « Vous », etc.)

« Vous avez dit, il nous semble : « la maladie est vide ». Qu’est-ce que cela signifie ? »

Voici ce que Pang Heming répond, dans son ouvrage « L’Essence du Zhineng Qigong », dont la traduction en français est à paraître prochainement :

1. Changer radicalement son état d’esprit

Les patients atteints d’une maladie grave sont souvent envahis par l’inquiétude, le pessimisme et le découragement ; ils ont tendance à considérer leur maladie comme un coup du sort. En réalité, cela revient à s’envoyer à soi-même des messages négatifs. C’est pourquoi la pratique du Qigong doit impérativement vous permettre de changer cet état d’esprit. Du point de vue du Qigong, toute maladie est réversible. Il faut absolument être convaincu que votre maladie guérira certainement. Mais ce n’est pas tout : vous devriez également vous estimer chanceux de pouvoir pratiquer le Qigong grâce à votre maladie, car sans celle-ci, il vous aurait été difficile d’accéder à cette science de haut niveau qu’est le Qigong. Ainsi, vous transformerez les messages négatifs que votre conscience envoie à votre corps en messages positifs, et votre organisme évoluera alors dans une direction favorable.

2. Économiser son énergie

En particulier pour les maladies graves et les patients en phase terminale, il est indispensable de ménager le moindre de ses efforts, de ne pas gaspiller son énergie à la légère, de s’occuper le moins possible des affaires courantes et, surtout, de ne pas trop réfléchir ou se laisser envahir par des pensées négatives. La journée se résume à manger, dormir et pratiquer le Qigong ; il convient d'adopter une attitude de détachement total, allant jusqu'à ignorer une bouteille d'huile qui se serait renversée ; et de se considérer essentiellement comme un « cadavre vivant ». Si l’on parvient réellement à pratiquer le Qigong avec une telle détermination et un tel dévouement, la guérison est assurée. Dans la pratique du Qigong, on appelle cela « le cœur mort, l’esprit vivant ». Les personnes légèrement malades ne doivent pas adopter cette attitude. Elles doivent cultiver des pensées telles que « je ne suis pas malade », « je suis guéri » ou « cette petite affection n’a rien de grave, il ne faut pas s’en préoccuper ». Pratiquez le Qigong quand il le faut, vaquez à vos occupations habituelles, ne pensez pas à la maladie afin de maintenir l’équilibre des fonctions cérébrales ; ainsi, les signaux émis par le cerveau seront normaux et la guérison s’opérera. Si l’on a constamment l’impression d’être « en mauvais état », le moindre doute peut entraîner un déséquilibre des fonctions du cortex cérébral. Quant à ceux qui font tout un plat d’une petite maladie ou qui se plaignent sans raison, leur activité mentale s’affaiblit, perdant toute vitalité, et l’on peut finir par tomber malade même sans l’être. J’ai rencontré plusieurs patients atteints de paralysie d’un côté du corps. Certains, animés d’une vitalité positive, cherchaient malgré leur maladie à rendre service aux autres, et leur guérison s’est avérée plus rapide. Cela s’explique par le fait qu’en pensant aux autres, leur conscience s’ouvre, ce qui permet à leur Hunyuan Qi de communiquer librement avec celui du monde extérieur. Lors de la pratique, le Hunyuan Qi extérieur pénètre alors plus facilement en eux, accélérant ainsi leur guérison. D’autres, en revanche, ne bougent pas même lorsqu’on les pousse à le faire, convaincus qu’ils en sont incapables ; lorsqu’on leur transmet de l’énergie pour les soigner, ils n’osent toujours pas bouger. Comme leur intention et leur Hunyuan Qi ne parviennent pas à s'harmoniser, leur maladie a du mal à guérir.

3. Utiliser activement la conscience pour mobiliser le Qi afin de cibler et vaincre la maladie

Méthodes concrète : vous pouvez concentrer votre attention sur la zone affectée tout en maintenant constamment l'idée qu'une fois le Qi abondant, la maladie sera guérie ; vous pouvez également utiliser votre intention pour diriger le Qi vers la zone affectée, en visualisant le Qi s'y déplacer pour soigner l'affection ; vous pouvez aussi imaginer que la maladie est expulsée de votre corps.

4. Être patient ; ne pas s'attendre à une guérison complète et immédiate.

Bien que vous deviez aborder votre pratique quotidienne avec la détermination et la confiance nécessaires pour éliminer la maladie rapidement, vous ne devez pas vous décourager si la guérison n’est pas immédiate. Adoptez plutôt l’attitude consistant à dire : « Puisque la maladie est là, il faut l’accepter ; ne vous inquiétez pas, laissez votre corps développer ses défenses pour lutter contre la maladie, jusqu’à ce que vous finissiez par la vaincre » (Lettre du camarade Mao Zedong à Wang Guanlan).

5. Adopter une vision de la maladie issue de la science du Qigong

En matière de Qigong, la gravité et l’évolution d’une maladie dépendent essentiellement de l’état de conscience du patient (ainsi que de celui de sa famille et même de son entourage). La science du Qigong considère que les différentes maladies n’ont rien de particulier en soi ; ce qui est particulier, c’est principalement la conscience de la personne. De nombreuses maladies jugées incurables par la médecine peuvent pourtant être rapidement guéries grâce au traitement par le Qigong ; il existe également de nombreux malades dont l’état est bénin, mais qui, en raison d’un fardeau psychologique trop lourd, considèrent leur maladie comme spéciale et espèrent sans cesse bénéficier d’une attention particulière ; du fait de quoi leur maladie ne peut être soignée, ce qui démontre bien le rôle extrêmement important que joue la conscience dans la thérapie par le Qigong. Compte tenu de cela, le malade, ses proches et les personnes de son entourage doivent lui transmettre des messages positifs à tout moment et en tout lieu. Afin d’approfondir la compréhension de cette question, voici un extrait d’un ancien traité traitant de la thérapie par le Qigong : L’Immortel Lu Xian déclara : « Les médecins sacrés d’autrefois savaient soigner le cœur des hommes, prévenant ainsi l’apparition de toute maladie. Les médecins d’aujourd’hui ne savent soigner que les maladies des hommes, sans savoir soigner leur cœur ; ainsi, c’est comme négliger l’essentiel pour se concentrer sur l’accessoire. Ne pas remonter à la source, mais s’attaquer aux symptômes : n’est-ce pas là une grande folie que de vouloir guérir la maladie de cette manière ? » L'Être accompli Tai Bai déclara : « Pour soigner la maladie, il faut d’abord soigner le cœur ; il faut nécessairement redresser le cœur, puis s’appuyer sur le Dao. Le malade doit se débarrasser de tous ses doutes, de toutes ses pensées, de toutes ses idées folles, de tous ses ressentiments et de toute distinction entre soi et autrui. Après s’être repenti des fautes et des méfaits commis au cours de sa vie, il doit alors abandonner son corps et son esprit, afin que sa nature céleste s’harmonise avec le Ciel qu’il vénère. Au fil du temps, il parviendra à se concentrer sur son esprit, et alors naturellement, son cœur sera serein et paisible, et sa nature profonde sera en paix ; il comprendra que toutes les choses de ce monde ne sont que vide ; que toutes les activités quotidiennes ne sont qu'illusions. Il comprendra que le corps n’est qu’illusion, que le malheur et le bonheur n’existent pas, que la vie et la mort ne sont qu’un rêve. En prenant conscience de cela avec émotion, tout se dissout soudainement ; alors, l’esprit redevient naturellement serein et calme; et la maladie guérit d’elle-même. Si l’on parvient à cela, avant même que le remède n’ait touché les lèvres, la maladie est déjà oubliée. Telle est la grande méthode de l’être véritable pour soigner le cœur et guérir la maladie par le Dao. » (Citation tirée de : « Aperçu de la science taoïste du bien-être - Discours sur les remèdes pour la santé »)

Extrait de « l’Essence du Zhineng Qigong » de Pang Heming. Traduction Yves Lorand

 

 

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