Devises pour la vie
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Une devise est une phrase courte ou une expression symbolique décrivant les motivations ou les intentions d'un individu, d'un groupe social, d'une organisation ou d'une institution, qui la choisit pour suggérer un idéal, comme règle de conduite ou pour rappeler un passé glorieux. (Source Wikipédia) Les « Devises pour la vie » de Cui Yuan (77–142 ou 78–143 ap. J.-C.) dynastie des Han orientaux sont connues sous le nom de « Maximes de Cui Ziyu », Ziyu, étant son nom de courtoisie, c'est-à-dire le nom traditionnel donné autrefois aux Chinois (surtout les hommes) à l'âge adulte pour marquer leur majorité. Ces maximes ne sont donc pas de simples spéculations philosophiques ; elles ont été forgées au cœur d’une existence difficile, marquée par la violence, la fuite, puis les pièges de la politique impériale des Han orientaux. Dans sa jeunesse, le frère aîné de Cui Ziyu fut assassiné. Suivant le code d'honneur de l'époque mais enfreignant la loi impériale, Cui Ziyu traqua le meurtrier et le tua pour venger son frère. Il dut s'enfuir et rester dans la clandestinité pendant quelques année. Bénéficiant d'une loi d'amnistie, Cui Ziyu pu se rendre à la capitale Luoyang à l’âge de 18 ans. D'une intelligence brillante, il étudia auprès du grand érudit Jia Kui et devint un mathématicien, astronome et calligraphe renommé. Cependant, son intégrité au sein de l'administration lui attira de nombreuses jalousies. Cui Ziyu faisait partie de l'élite intellectuelle de son temps : il était l'ami intime du grand savant et inventeur Zhang Heng (créateur du premier sismographe) et du célèbre poète Ma Rong. Malgré ce cercle prestigieux, il choisit de rester en retrait des cercles de pouvoir majeurs. La fin de sa vie fut assombrie par les luttes de factions féroces à la cour des Han, opposant les eunuques aux familles des impératrices.
Bien que Cui Yuan fût un lettré confucéen, son texte est rempli de concepts purement taoïstes, son poème fonctionnant comme une application pratique du Dao De Jing à la vie quotidienne. Composée de cent caractères et première véritable maxime de vie (Zuo You Ming) de l'histoire chinoise, il expose les principes de conduite à adopter dans la vie. Le voici, en chinois traditionnel comme il se doit :
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Et en voici notre traduction :
Ne parle pas des défauts d'autrui et ne te vante pas de tes propres vertus.
N'attends pas de retour pour les faveurs accordées, mais n'oublie jamais les bienfaits reçus.
La gloire mondaine ne mérite pas d'être convoitée ; fais de la bienveillance ton principe directeur.
N'agis qu'après une profonde réflexion intérieure ; quel mal la calomnie pourrait-elle alors te faire ?
Ne laisse pas ta réputation surpasser ta valeur réelle ; le sage dissimule sa sagesse sous une apparence modeste.
La douceur et la souplesse sont les racines de la vie ; Laozi mettait en garde contre la rigidité et l'agressivité.
Demeure immaculé même au milieu de l'impureté ; préserve silencieusement ta lumière intérieure.
L'homme mesquin est guidé par la précipitation et une ambition étroite ; le sage avance d'un pas mesuré, d'une profondeur insondable.
Sois prudent dans tes paroles et modéré dans ton alimentation ; le contentement apporte une paix qui ignore la lassitude.
Si tu persévère dans cette pratique avec constance, une vertu au parfum délicat s'épanouira naturellement avec le temps. »
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Yves Lorand